José le renard se balade dans la rue lorsqu'il aperçoit ces grands-mères vêtues chaudement. Paniqué, il appelle sa mère avec son Nokia pour savoir si ses manteaux sont toujours là...
Fait froid à Helsinki
Et non, plus rien dans le garde-robe. Notre pauvre José se demande bien ce qu'il va pouvoir mettre pour le bal organisé par son lycée et qui a lieu dans deux mois.
Bien sûr, il pense à attaquer les grands-mères pour reprendre son bien. Mais José est doux et n'oserait jamais blesser des êtres animés par deux jambes, deux sacs et un chapeau. En se souvenant du journal télévisé de la veille lui vient une idée saugrenue. Et si il contribuait au réchauffement climatique encore plus que la moyenne ? Si les grands-mères ont chaud elles ne porteront plus ses habits à lui. Trop compliqué à mettre en oeuvre pour un petit renard...
Prenant son courage entre deux pattes il se décide à parlementer avec les anciennes.
A votre avis, que leur a-t-il dit ?
Par David
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Dimanche matin il pleut des aux revoirs. Notre amie Anni en visite à Helsinki pour un jour repart fêter son anniversaire chez ses parents, au nord de la Finlande. Quant à Dinah et moi, nous allons chez d'autres parents, ceux de Mari qui nous ont invité à déjeuner.
Brunnsparken
Dans la petite maison de briques coincée dans le faubourg nord de la capitale, les parents de Mari nous ont préparé un déjeuner de rois. Entre deux plats, Rauno le père nous enseigne des rudiments de Finnois. Je m'essaye à la construction d'une phrase.
- Minä rakastan suomalaiset pepput.
Suivi d'un silence aussi blanc que le ciel de Bretagne. Rauno réplique :
- I think you meant, puput.
Je venais tout simplement de confesser mon amour des fesses finlandaises de façon tout à fait involontaire. A l'origine je souhaitais tout simplement parler de mon affection des lapins. Mais avouez que puput (lapin) et pepput (fesses) c'est assez similaire. Dinah est morte de rire, les parents se regardent sans trop savoir quoi penser, Mari étouffe un fou rire.
Moi je m'étouffe avec un piment rouge...
Par David
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- Dinah, si tu me files le tapis, je te passe ma couverture...
Ainsi en allait-il de nos discussions nocturnes au détour d'un rêve ou de deux.
Nous sommes partis au creux de la matinée à la recherche d'un train pour Turku, première capitale de Finlande. Celle que les Suédois nomment Åbo est sensée être le centre culturel du pays, si l'on considère Helsinki comme la capitale politique et économique. Le fait est que nous nous sommes installés dans un compartiment pour enfants avec Dinah et son bonnet.
La place du marché
Le chemin est conforme à ce que nous connaissons déjà en Suède. Des lacs, des plaines, des collines, des forêts parsemés de patineurs, de neige et de maisons en bois.
Même les billets de train se ressemblent...
Une fois arrivés nous nous dirigeons illico presto vers le centre de la ville, qui se trouve être la place du marché. Des étals de poissons et de viandes à l'air libre font face à une rangée de pigeons à la démarche douteuse. Encore quelques dames âgées aux manteaux de fourrure. Mais cette fois-ci, personne pour protester contre les vilains vêtements.
Le château de Turku
Depuis la place nous filons tout droit vers la cathédrale de Turku, puis le château.
De la neige commence à tomber lourdement sur nos chapeaux. Et le saint édifice est fermé. Nous en profitons pour faire le tour du quartier universitaire. Turku est un peu comme Uppsala mais en Finlande et avec des pigeons. La rivière gelée, les ouvriers s'affairent et les oiseaux ne pipent mot. Nous connaissons le même sort une fois parvenus au château. Fermé depuis quelques minutes, nous ne cotoirons point baladins et troubadours.
Quelques pas et nous prenons place dans un pub près des Halles où nous faisons malgré nous la connaissance d'un ivrogne nommé Otso. Le bougre parvient à notre table et nous sort sa carte d'identité. A ma lecture de son prénom, le nouvel ami semble pris d'un excès de sympathie et me tape lourdement sur l'épaule. Dinah se marre comme une baleine.
Heureusement sa femme se pointe et s'excuse devant nous avant de lui donner un whisky.
L'amour à la finlandaise...
Par David
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Helsinki est bâtie au bord de l'eau, tout au bord. Depuis le port, on aperçoit des îlots de neige, confettis lassés d'attendre l'improbable visiteur. Car tout le monde sait que l'archipel est encore plus exposé aux rafales de vent que ne l'est déjà la capitale...
Suivant Dinah, nous partons pourtant découvrir une des îles de l'archipel, Suomenlinna.
Depuis le port
Le trajet en bâteau brise-glaces est à couper le souffle pour nous autres voyageurs.
La surface de l'eau est toute craquelée, telle un vieux désert aride sous les assauts répétés des navires qui font la navette entre l'archipel et la ville. A environ un kilomètre du port plus en avant dans le golfe, une toute petite île de rien du tout avec une petite maison posée dessus toise fièrement les gros bâteaux des compagnies Viking Line et Line.
Nous arrivons enfin à Suomenlinna au bout d'un quart d'heure à sécher nos pieds. Fondée par les Suédois pour défendre la ville contre les Russes (ou étaient-ce les Anglais?) l'île est une destination prisée des Helsinkiotes pendant l'été. Mais en hiver c'est pas mal non plus. Nous traversons tour à tour une forteresse transformée en refuge à lapins, une rue bordée d'édifices en bois coloré, une enceinte rose, un pont en bois avec vue sur les canons.
Même quelques immeubles sur la petite île
Pendant que la grippe se défoule sur mon pauvre corps meutri (entendez-vous les violons?), les filles s'occupent comme elles peuvent. Une course en solitaire dans la neige fraîchement tombée, une course à deux avec bataille de boules de neige plus préventives qu'autre chose, une chevauchée fantastique de canons éteints, les joutes montent en puissance symbolique.
Et si l'air belliqueux de la forteresse avait atteint mes deux amies de voyage ?
Puis tout reprend son cours normal à la vue des paysages presque arctiques du nord de l'île (ou était-ce le sud?). Les appareils photo se réveillent et la glace ne cesse de couiner pour qu'on s'intéresse un peu à elle. Les visiteurs ne sont pas légion, mais la visite vaut bien sinon une messe un champ de batailles. Même Mari est surprise par la beauté du paysage.
C'est beau
Pour la première fois du voyage je suis content d'être en Finlande pour une autre raison que celle de revoir mes amis. Dire que j'avais proposé de troquer cette visite pour celle des magasins du centre. Honte à moi. Tiens, pour la peine je pars faire pénitence dans la forêt.
Par David
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